Exposition : K COMME KAOLIN

Du 12 octobre au 23 avril 2012




Cette exposition propose une entrée sur les traitements actuels du kaolin et de la porcelaine, et sur les couvertes et glaçures spécialement appliquées à cette céramique.


Le travail d’émail dans lequel s’inscrivent la majorité des artistes invités ici témoigne d’une recherche approfondie, une quête perpétuelle de lumière, de couleurs et de textures, ancrée dans la matière au point de s’y fusionner, et qu’une vie entière ne suffirait pas à assouvir.
Ils partagent le goût et les savoirs requis pour la porcelaine, qui s’appuient sur une double compétence, l’une sur la forme et l’autre sur le travail de l'émail.
Leur art consiste alors à mener le matériau jusqu’à ses ultimes limites (la fusion, la vitrification) pour mieux explorer les possibilités d’expressions artistiques qu'offre la porcelaine à la création contemporaine.






Le kaolin, la porcelaine

Le kaolin, ou terre de Chine, est une argile primaire parmi les plus pures, utilisée dans la fabrication de la porcelaine. Elle est issue directement et quasi exclusivement de la décomposition naturelle sur place de la roche-mère feldspathique.
Extrêmement réfractaire quand elle est utilisée pure (son point de fusion se situant à 1800°C), elle est ordinairement utilisée combinée à du feldspath, du quartz et à une argile plus souple qui rendent le tesson de porcelaine plus plastique et abaissent son point de fusion.

En raison de la découverte tardive de gisements de kaolin en Angleterre et en France au XVIIIe siècle (en 1755 pour le kaolin anglais de Cornouailles, d’une pureté exceptionnelle, et en 1768 à Saint-Yvriex-La-Perche dans le Limousin) la porcelaine se développa en Europe seulement plus de 600 ans après le plein essor qu’elle connut en Chine du sud au XIIe siècle dans la région de Jingdezhen. On peut estimer d’après les premières pièces conservées que le kaolin était connu et utilisé en Chine déjà depuis environ 200 ans avant JC. Et ce sont les carrières de Gaoling (littéralement « collines hautes ») exploitées près de Jingdezhen, qui donnèrent son nom au kaolin.

Du fait des difficultés de tournage du kaolin, et de la maîtrise des techniques de cuisson à haute température qu’elle requiert (1350°C environ) la porcelaine fut principalement produite au XIXe siècle en série par coulage dans des moules à destination des arts de la table, dans les grandes manufactures industrielles de porcelaine de Sèvres, de Limoges…

Mais de nombreux artistes ont été séduits par les contraintes et les propriétés de translucidité, de finesse, de densité de la porcelaine, et se sont lancés dans le façonnage de pièces uniques, par tournage, ou montage à la plaque.
Des prises de risques et des choix de travail qui renvoient quotidiennement ces artistes à l'exigence, à la précision du geste, au caractère sacré des poteries de la Chine ancienne, à une "montagne" non moins sacrée de savoirs théoriques et pratiques assortis à ces techniques. Mais aussi à une réflexion permanente sur les différentes interprétations, actuelles ou anciennes et parfois dépaysantes de la notion d’esthétique.

Ils explorent, façonnent… à la recherche de l’expression d’une sensibilité s’inspirant et s’affranchissant de ces héritages croisés et multiples, pétris d’histoire, d’usages sociaux et d’avancées individuelles.




Mireille Favergeon


Si Mireille Favergeon travaille depuis plusieurs années sur les céladons et le monochrome, elle a, pour cette exposition, orienté ses recherches sur les effets d’amas, de concrétion et de superposition d’émail. 



Tristan Chaillot (photo : Yves-Alban Lehaire)


 Xavier Duroselle

Tristan Chaillot, Xavier Duroselle et René Le Denmat (appliquant les méthodes de calcul des émaux de Daniel de Montmollin), sont fort réputés pour leur maîtrise de l’émail et du céladon.



 Florent Le Men

 Florent Le Men fait partie des jeunes artistes pluridisciplinaires qui explorent la porcelaine comme un terrain de pensée prenant corps par la recherche de volumes et de texture, démarche où le graphisme trouve à se loger d’une nouvelle manière. 




Laetitia Benat



Pour Laetitia Benat, plasticienne, le volume céramique prend vie dans son monde intérieur et se mêle à un travail où, pour elle aussi, jusqu’à sa découverte de la céramique, le dessin régnait en maitre. 

Virginie et Louis Brueder


Virginie et Louis Brueder présentent quelques unes de leurs pièces les plus imposantes, témoignant, comme René Le Denmat et Tristan Chaillot, de la capacité de la porcelaine à se plier aux projets en grandes dimensions. 


 René Le Denmat

Christine Macé expose quand à elle des pièces géométriques, cubes, disques, où le geste graphique s’exerce sur une porcelaine mate, non émaillée, devenue support d’écriture.


 Christine Macé


Ils et elles ont tous, à leur manière, par des chemins parfois bien éloignés les uns des autres, opéré un retour vers la poterie, au sens le plus primordial du terme, sans manquer de croiser la question de la fonction, ni de se plonger, - comme leurs pièces dans la complexe alchimie de leurs bains d’émaux –, dans la profondeur des questions intemporelles qui ont trait à la sensibilité, à l’exigence esthétique, au simple pouvoir d’évocation des choses.
Expression, abstraite ou non, mais posant toujours la question de l’art.

Vernissage le vendredi 12 octobre à 18h30.

Une exposition proposée par la commission culture de la Ville de Grignan.